Guide des types

Types de conteneurs maritimes : le guide complet

Dry, High Cube, Reefer, Isotherme, Open Top, Open Side, Flat Rack, Offshore : structure, usage et code ISO de chaque famille, pour choisir le bon conteneur.

Comprendre les familles

Les grandes familles de conteneurs maritimes

Tous les conteneurs maritimes partent de la même base. La caisse est en acier corten, un acier faiblement allié dont la couche d'oxyde superficielle ralentit la corrosion au lieu de l'accélérer, ce qui explique qu'une boîte puisse passer des années en extérieur sans traitement lourd. Les parois ondulées ne sont pas un choix esthétique : le pli raidit la tôle et lui permet de reprendre les efforts sans se déformer. L'ensemble est monté sur un cadre soudé dont les huit coins normalisés encaissent le levage, le gerbage et l'arrimage — c'est ce qui rend un conteneur interchangeable entre un porte-conteneurs, un wagon et un camion.

Ce qui sépare une famille d'une autre tient alors à trois variables : le mode d'ouverture, la hauteur, et le traitement de la température. La norme ISO 668 fixe les dimensions extérieures et les masses, la norme ISO 6346 code le résultat sur quatre caractères. Dans 22G1, le premier chiffre donne la longueur (2 = 20 pieds, 4 = 40 pieds), le deuxième la hauteur (2 = standard, 5 = High Cube), les deux derniers le type : G1 pour un usage général, R1 pour un frigorifique, U1 pour un open top, P1 pour une plateforme. Savoir lire ce code, c'est identifier un conteneur sans l'avoir sous les yeux. Les familles ci-dessous suivent cette logique.

Comparatif des familles de conteneurs

Structure, accès, usage et variantes de chaque type — cliquez pour voir la gamme.

Caractéristiques comparées des types de conteneurs National Conteneur
Type Structure Accès Usage Variantes
Dry Acier corten Portes arrière 270° Stockage secTransport standard 20'40'Double porte
High Cube Acier corten haut Portes arrière 270° Grand volumeStockage haut 20'40'45'Double porte
Reefer Caisson isolé Portes arrière 270° Groupe froidAlimentation 380 V StandardHigh CubePallet WideDNV
Isotherme Caisson isolé Portes arrière 270° Froid passifSans courant StandardHigh Cube
Open Side Acier corten renforcé Côté ouvrantPortes arrière Chargement latéralAccès palettes StandardHigh CubeReefer
Open Top Acier corten ouvert Toit ouvertPortes arrière Grutage hautBâche amovible 20'40'High Cube
Hard Top Acier corten renforcé Toit amoviblePortes arrière Grutage hautToit rigide 20'40'High Cube
Pallet Wide Caisson élargi Portes arrière 270° Palettes EuropeLargeur optimisée 20'40' HC45' HCDryReefer
Offshore Cadre DNV Selon modèle Élingues certifiéesLevage offshore DNV standardDemi-hauteurDNV Reefer
Structure
Acier corten
Accès
Portes arrière 270°
Usage
Stockage secTransport standard
Variantes
20'40'Double porte
Structure
Acier corten haut
Accès
Portes arrière 270°
Usage
Grand volumeStockage haut
Variantes
20'40'45'Double porte
Structure
Caisson isolé
Accès
Portes arrière 270°
Usage
Groupe froidAlimentation 380 V
Variantes
StandardHigh CubePallet WideDNV
Structure
Caisson isolé
Accès
Portes arrière 270°
Usage
Froid passifSans courant
Variantes
StandardHigh Cube
Structure
Acier corten renforcé
Accès
Côté ouvrantPortes arrière
Usage
Chargement latéralAccès palettes
Variantes
StandardHigh CubeReefer
Structure
Acier corten ouvert
Accès
Toit ouvertPortes arrière
Usage
Grutage hautBâche amovible
Variantes
20'40'High Cube
Structure
Acier corten renforcé
Accès
Toit amoviblePortes arrière
Usage
Grutage hautToit rigide
Variantes
20'40'High Cube
Structure
Caisson élargi
Accès
Portes arrière 270°
Usage
Palettes EuropeLargeur optimisée
Variantes
20'40' HC45' HCDryReefer
Structure
Cadre DNV
Accès
Selon modèle
Usage
Élingues certifiéesLevage offshore
Variantes
DNV standardDemi-hauteurDNV Reefer

Le standard

Conteneur Dry / Standard (22G1, 42G1)

Le Dry est le conteneur de référence, celui dont toutes les autres familles sont des variantes. Sa caisse est entièrement fermée, ses parois latérales et son toit sont d'un seul tenant, et l'accès se fait par les deux portes d'un pignon, qui s'ouvrent à 270° et viennent se plaquer contre les flancs — un détail qui compte davantage qu'il n'y paraît, puisqu'il libère complètement le passage pour un chariot élévateur et évite qu'un vantail vienne gêner la manœuvre. Des joints périphériques et des barres de verrouillage verticales assurent l'étanchéité et le serrage de la porte contre son cadre.

En volume, un 20 pieds offre 33,2 m³ pour une charge utile d'environ 28 250 kg, un 40 pieds 67,5 m³ pour environ 26 780 kg. Le rapport s'inverse donc entre les deux formats : le 40 pieds double le volume mais accepte un peu moins de poids, ce qui en fait le format des marchandises volumineuses et légères, quand le 20 pieds reste celui des charges denses. C'est le choix par défaut pour le stockage sec sur site, l'archivage, le matériel et le transport général.

Un pied de plus

Conteneur High Cube (45G1) : la hauteur en plus

Le High Cube est un Dry auquel on a ajouté un pied de hauteur, soit 30,5 cm, ce qui porte la hauteur extérieure à 2,896 m. Tout le reste est identique : même emprise au sol, mêmes coins normalisés, même compatibilité avec les moyens de manutention et de transport. Ces trente centimètres ne changent rien à la logistique et beaucoup à l'usage.

Le gain de volume est direct : 37,4 m³ en 20 pieds, 76,4 m³ en 40 pieds, 86,5 m³ en 45 pieds. Trois situations le rendent presque obligatoire. D'abord le matériel haut, machine, rack ou palette gerbée qui ne passe pas sous un toit standard. Ensuite le chargement volumineux et léger, où c'est le volume et non le poids qui sature la caisse. Enfin l'aménagement : dès qu'on isole les parois et qu'on pose un faux plafond pour passer des gaines ou de l'électricité, on consomme de la hauteur, et la différence entre un local sous 2,39 m et un local sous 2,69 m se ressent immédiatement. Le High Cube se gerbe et se transporte comme un standard, sous réserve de vérifier les hauteurs sous ouvrage sur le trajet.

Largeur palette

Conteneur Pallet Wide : la largeur calculée pour la palette Europe

Le Pallet Wide ne se distingue d'un Dry que par une seule cote, mais elle est calculée. Sa largeur intérieure est portée à 2,44 m, contre environ 2,29 m sur un conteneur standard, et ces quelques centimètres n'ont rien d'arbitraire : ils sont dimensionnés pour la palette Europe. Celle-ci mesure 1,20 m × 0,80 m. Dans une caisse standard, deux palettes posées côte à côte dans la largeur ne passent pas franchement — il reste un jeu, on perd de l'espace, ou l'on doit les disposer autrement. Les 2,44 m du Pallet Wide laissent loger deux palettes Europe de front, parfaitement jointives, sans aucun vide latéral entre les rangées.

Le bénéfice est purement logistique, mais il est mesurable : à longueur égale, un Pallet Wide charge davantage de palettes qu'un conteneur standard. Sur des flux palettisés réguliers, ce remplissage réduit le nombre de conteneurs nécessaires pour un même volume, et donc le coût de transport au mètre cube. Le caisson conserve par ailleurs les pièces de coin ISO : il se lève, s'arrime et se manutentionne dans tous les ports exactement comme un conteneur classique, ce qui évite d'avoir à choisir entre optimisation du chargement et compatibilité maritime. C'est le format à retenir dès que la marchandise est palettisée au standard Europe et que le flux se répète ; sur un chargement hétérogène, la largeur supplémentaire ne se convertit pas en palettes gagnées et le Dry suffit.

Accès traversant

Conteneur double porte : entrer par un bout, sortir par l'autre

Le double porte, aussi appelé conteneur tunnel, se distingue d'un conteneur classique par une caractéristique simple : il porte des portes battantes aux deux extrémités, et non à une seule. Les deux bouts du caisson s'ouvrent. Le détail paraît mineur, il change toute la logique de manutention. Sur un conteneur standard, on charge et on décharge par la même porte : pour vider le fond, il faut sortir tout ce qui se trouve devant, ou faire entrer un chariot puis le faire reculer sur toute la longueur. Le double porte supprime cette contrainte — la marchandise entre par un bout et ressort par l'autre, en traversée, sans aucun demi-tour.

Cette circulation traversante se convertit directement en cadence. Un poste de chargement d'un côté, un poste de déchargement de l'autre, et le conteneur devient un tunnel de transit plutôt qu'un cul-de-sac — c'est l'argument sur les flux logistiques réguliers, où chaque manœuvre évitée se répète à chaque rotation. La configuration facilite aussi les charges longues, qu'on fait glisser d'une extrémité à l'autre sans manœuvre d'angle, et sert de base aux aménagements à passage traversant : sas, couloir technique, module à double accès, passage couvert. Le choix se fait donc sur le mode d'exploitation. Si le conteneur est un point de stockage qu'on ouvre par une face, le Dry suffit ; s'il est un point de passage, la seconde porte est ce qui le rend exploitable.

Chargement latéral

Conteneur Open Side : toute la longueur ouverte

Sur un conteneur standard, l'accès se fait par un pignon : on charge en enfilade, et la dernière palette au fond est la première à devoir sortir. L'Open Side supprime cette contrainte en ouvrant tout un flanc sur la longueur, par un jeu de portes latérales. Le chargement se fait de côté, de plain-pied, chaque emplacement reste directement accessible, et le chariot élévateur dépose sa palette face à sa place au lieu de traverser la caisse.

Deux usages en découlent naturellement. Le premier est la charge longue — profilés, tubes, panneaux, éléments de menuiserie — qu'on ne peut pas faire pivoter dans une caisse de 2,44 m de large et qu'on introduit donc par le travers. Le second est le picking : magasin de chantier, stock d'atelier, distribution, tout ce qui suppose d'entrer et de sortir des références à l'unité sans démonter le chargement. Les volumes sont de 31,8 m³ en 20 pieds et 62,8 m³ en 40 pieds, pour des charges utiles de 20 100 kg et 25 080 kg : la structure d'un flanc ouvrant se paie en capacité de charge, ce qui est le seul vrai arbitrage de cette famille.

Chargement par le haut

Conteneur Open Top (22U1) : le toit qui s'efface

L'Open Top résout un problème précis : celui de la marchandise qui ne passe pas par la porte. On y remplace le toit rigide par une bâche tendue sur des arceaux amovibles, avec une traverse supérieure de pignon généralement démontable. Le chargement se fait alors par le dessus, à la grue ou au pont roulant, en déposant la charge à la verticale plutôt qu'en la poussant sur toute la longueur de la caisse.

C'est la solution pour tout ce qui est hors gabarit en hauteur ou trop lourd pour être manutentionné à plat : machine-outil, bloc mécanique, élément de charpente, vrac dense chargé au godet. Une fois la bâche remise et sanglée, la caisse retrouve l'essentiel de la protection d'un conteneur fermé, avec une réserve sur l'étanchéité, qui reste celle d'une bâche et non d'une tôle soudée. Un 40 pieds offre 66 m³. Point de vigilance opérationnel : si la charge dépasse du plan du toit, le gerbage devient impossible et le transport doit être déclaré en conséquence.

Toit rigide

Conteneur Hard Top : l'ouverture par le haut sans la bâche

Le Hard Top se reconnaît à un détail structurel qui change tout : son toit en acier n'est pas soudé au caisson. Posé sur un cadre, il est entièrement amovible et se retire à la grue en quelques minutes. La caisse s'ouvre alors par le haut, exactement comme un Open Top, et reçoit à la verticale ce qui ne passe pas par les portes de pignon — machine, équipement industriel, pièce volumineuse trop haute. La différence avec l'Open Top se joue au moment de refermer : là où celui-ci retend une bâche souple, le Hard Top repose un toit rigide en acier, verrouillé sur son cadre une fois la cargaison en place. La protection n'est pas du même ordre.

Une fois reposé, ce toit dur forme une véritable paroi d'acier : étanche, résistante aux chocs et à l'effraction, là où une bâche reste exposée à la déchirure et aux infiltrations. Tout l'arbitrage de cette famille tient là, et il se pose simplement. Si le besoin se limite à charger par le haut une marchandise robuste, l'Open Top le fait déjà. Dès que la charge est sensible ou de valeur et qu'elle doit rester à l'abri en transit comme en stockage, une bâche ne protège plus assez : le Hard Top est alors le format qui combine l'ouverture verticale de l'Open Top et la fermeture d'un conteneur fermé.

Sans parois

Flat Rack et plateforme (22P1) : la charge avant la caisse

Le Flat Rack pousse la logique de l'Open Top jusqu'au bout : on garde le plancher et sa structure porteuse, on supprime les parois latérales et le toit, et il ne reste que deux têtes d'about, le plus souvent rabattables. Une fois couchées, plusieurs plateaux vides se gerbent les uns sur les autres et occupent le volume d'un seul conteneur — argument déterminant pour le retour à vide. La plateforme pure va plus loin encore en supprimant les têtes.

L'intérêt tient à l'accessibilité totale : on charge par le haut, par les deux côtés et par les deux bouts, à la grue comme au chariot, et la charge peut déborder du gabarit en largeur ou en hauteur. C'est le support des engins, bobines, cuves, transformateurs, blocs béton et de tout ce qui est trop lourd, trop large ou trop irrégulier pour entrer dans une caisse. Les longueurs utiles sont d'environ 5,72 m en 20 pieds et 12,19 m en 40 pieds. En contrepartie, la marchandise n'est ni protégée ni fermée : l'arrimage — sangles, chaînes, calage sur les anneaux — n'est pas un accessoire, c'est la condition du transport.

Charges denses

Conteneur demi-hauteur : le volume ajusté au poids

Le demi-hauteur — half-height en anglais — mesure environ 1,30 m de hauteur, soit à peu près la moitié d'un conteneur standard. Sa longueur et sa largeur restent celles d'une caisse classique : seule la hauteur est divisée par deux. Cette conception répond à un paradoxe du transport de charges denses. Un minerai, un bloc métallique, un vrac compact pèsent très lourd pour un faible volume : chargés dans un conteneur standard, ils atteignent la limite de poids admissible alors que le caisson est encore aux deux tiers vide. Tout ce volume inutile est transporté pour rien, et la charge concentrée au fond crée un centre de gravité instable.

Le demi-hauteur supprime ce volume superflu : le caisson se remplit jusqu'en haut au moment précis où il atteint sa charge maximale, sans mètre cube perdu. Sa faible hauteur abaisse le centre de gravité de l'ensemble chargé, ce qui rend le levage et l'empilage de charges lourdes nettement plus stables et réduit le risque de basculement. C'est ce qui en fait le format de référence du vrac minier et des pièces métalliques compactes, manutentionnés à la grue ou au pont roulant. L'arbitrage tient à une seule question : si c'est le volume qui sature la caisse avant le poids, il faut un Dry, voire un High Cube ; si c'est le poids qui la sature avant le volume, la hauteur en trop ne sert à rien et se paie en stabilité.

Froid actif

Conteneur Reefer / Frigorifique (22R1)

Le Reefer n'est pas un Dry isolé : c'est une machine frigorifique intégrée dans une caisse aux dimensions ISO. Un groupe froid occupe l'un des pignons et pulse de l'air traité sous le plancher, un plancher en T qui sert de gaine de distribution ; l'air remonte le long du chargement et revient au groupe, ce qui impose de ne jamais bloquer la circulation en chargeant au ras du plafond ou contre la reprise d'air.

La plage utile va de −25 à +25 °C, régulée en continu, ce qui couvre aussi bien le surgelé que le frais, les produits pharmaceutiques et les process qui exigent une température stable plutôt que froide. L'alimentation se fait en 380 V triphasé : un Reefer suppose donc un point de raccordement sur site, ou un groupe électrogène. L'isolation des parois a une conséquence mesurable sur le volume, qui tombe à 28,4 m³ en 20 pieds et 67,9 m³ en 40 pieds High Cube — soit sensiblement moins qu'un Dry de même encombrement extérieur. C'est le prix de la chaîne du froid, et le seul choix valable dès qu'une température doit être maintenue et non simplement ralentie.

Froid passif

Conteneur isotherme : l'inertie sans le groupe

L'isotherme est le cousin passif du Reefer. Il reprend les parois, le toit et les portes isolés, mais sans groupe froid : il ne produit pas de température, il en retarde la variation. Concrètement, une caisse isotherme ralentit les échanges avec l'extérieur, lisse les à-coups d'une journée chaude et conserve un chargement déjà à la bonne température pendant une durée limitée — durée qui dépend du delta avec l'extérieur, de l'ouverture des portes et de la masse embarquée.

La différence avec le Reefer est donc une différence de nature, pas de degré. Le Reefer régule ; l'isotherme tempère. Cela le destine aux trajets courts sous température maîtrisée en amont, au stockage tempéré, au tampon entre deux étapes d'une chaîne logistique, ou à tout usage où l'on veut se protéger des variations sans supporter le raccordement électrique, le bruit et la maintenance d'un groupe. Les volumes s'établissent à 27,3 m³ en 20 pieds et 61,3 m³ en 40 pieds, l'isolation prélevant là aussi sa part. Si une consigne de température doit être tenue dans la durée, il faut un Reefer.

Vrac liquide

Conteneur citerne : une cuve au gabarit ISO

La citerne — tank container en anglais — n'est pas un caisson : c'est une cuve cylindrique en acier inoxydable, logée à l'intérieur d'un cadre aux dimensions ISO standard. La cuve contient la marchandise ; le cadre, lui, reprend le gabarit et les coins de levage d'un conteneur classique. C'est cette double nature qui fait sa fonction. La cuve transporte en vrac ce qu'aucun conteneur fermé ne peut contenir proprement — liquides, gaz liquéfiés, poudres fluides. Le cadre rend cette cuve manipulable comme n'importe quelle boîte : elle emprunte navires, trains et camions sans le moindre transvasement, là où une cuve nue exigerait un pompage à chaque étape.

C'est aussi ce qui la sépare des contenants intermédiaires. À la différence d'un IBC, le grand bidon plastique pour vrac, la citerne est conçue pour les volumes industriels et les produits réglementés : agroalimentaire, chimique, pétrolier. Sa cuve inox, ses agréments et ses sécurités sont dimensionnés pour le transport de matières dont le confinement ne tolère aucune défaillance. Le choix, du coup, ne se pose pas vraiment face aux autres familles de cette page : dès que la marchandise est liquide ou gazeuse et qu'elle circule en vrac sur une chaîne multimodale, aucune caisse ne remplit la fonction — pas même un Bulk, qui reste dédié au vrac sec. La citerne n'est pas une variante du conteneur, c'est un équipement de procédé au gabarit du conteneur.

Vrac sec

Conteneur Bulk : le vrac sans ensachage

Le Bulk est un conteneur dédié au vrac sec : grains, granulés plastiques, poudres, matières divisées. Il se distingue d'un conteneur standard par deux équipements spécifiques — des trappes de chargement aménagées dans la toiture et des trappes de vidange en partie basse. Ces ouvertures dessinent un circuit complet de manutention par gravité. Le produit en vrac est versé par les trappes de toit, directement depuis un silo ou une trémie : il tombe et remplit le caisson sans aucune manipulation. À l'arrivée, la vidange se fait par les trappes basses ou par basculement du conteneur, et le vrac s'écoule de lui-même.

L'intérêt tient à une étape qu'on supprime : l'ensachage. Là où un conteneur standard impose de conditionner le vrac en sacs ou en big-bags avant chargement, puis de les rouvrir à l'arrivée, le Bulk transporte la matière telle quelle. La chaîne logistique est raccourcie, la manutention accélérée, et le produit n'est manipulé qu'au remplissage et à la vidange. Le partage avec les familles voisines est net : le vrac liquide et les gaz liquéfiés relèvent de la citerne, le vrac dense qui sature le poids bien avant le volume relève du demi-hauteur, et le vrac sec qu'on veut charger et vider par gravité relève du Bulk. Face à un Dry, la question n'est donc pas le volume disponible mais le mode de remplissage.

Agrément réglementaire

Conteneur IP2 : quand c'est l'agrément qui définit le conteneur

L'IP2 n'est pas défini par sa forme mais par un agrément réglementaire. Le sigle signifie Industrial Package 2, colis industriel de type 2 : c'est une catégorie de la réglementation internationale du transport de matières radioactives, qui classe les emballages selon le niveau de confinement qu'ils garantissent. L'agrément IP2 correspond à un usage précis, le transport de matières de faible activité radioactive. Pour obtenir ce classement, le conteneur doit prouver qu'il conserve l'intégrité de son contenu dans les conditions normales de transport — manutention, vibrations, intempéries — et sa structure est renforcée et contrôlée en conséquence.

C'est la même logique que l'offshore DNV, à l'autre bout du spectre : ce qui fait le conteneur n'est pas la caisse, c'est le dossier qui l'accompagne. Sans le classement, la boîte ne prend pas la marchandise, quelles que soient ses cotes. L'agrément réserve donc l'IP2 à des filières spécialisées et étroitement encadrées — industrie nucléaire, secteur médical, certaines activités industrielles — où il transporte des déchets et des matières faiblement radioactifs sous un contrôle réglementaire qu'aucun conteneur standard ne peut satisfaire. La question du choix ne se pose jamais en comparaison d'un Dry ou d'un High Cube : elle est tranchée en amont par la nature de la marchandise et par la réglementation qui s'y applique.

Levage en mer

Conteneur offshore DNV : certifié pour être levé en mouvement

Un conteneur maritime classique est conçu pour être levé sur un quai stable. En mer, le référentiel change : la grue et la charge bougent l'une par rapport à l'autre, le pont monte et descend sous la houle, et la reprise au crochet peut se faire avec une accélération dynamique sans commune mesure avec un levage à terre. C'est exactement ce que couvre le standard DNV 2.7-1, qui régit les conteneurs offshore.

Un offshore DNV n'est donc pas un Dry « renforcé » au sens commercial du terme : c'est une structure calculée et certifiée pour le levage dynamique, avec un cadre et des points de levage dimensionnés pour ces efforts, un jeu d'élingues certifié associé à la caisse, une traçabilité documentaire et des inspections périodiques qui conditionnent le maintien de la certification. Sans ce dossier, la boîte ne monte pas sur une plateforme. Les usages suivent : plateformes pétrolières et gazières, éolien en mer, navires de travaux, bases de maintenance — partout où la grue du bord est le seul moyen d'accès et où l'exploitant exige un équipement certifié.

Guide de choix

Quel type de conteneur pour quel secteur

Le type le plus courant par secteur d'activité, et la raison technique qui le motive.

Type de conteneur recommandé par secteur d'activité
Secteur / usageType recommandéPourquoi
BTP / chantierDry ou Open SideStockage sécurisé sur site, accès facile aux outils et matériaux
Agroalimentaire / fraisReeferTempérature dirigée −25 à +25 °C pour la chaîne du froid
Pharmaceutique / santéReeferFroid actif contrôlé pour médicaments et produits sensibles
Vin / denrées sèchesIsothermeTempérature stable sans groupe froid, aucun coût d'exploitation
Événementiel / pop-upAménagéEspace clé en main : bureau, bar, boutique éphémère
Transport hors gabaritOpen Top ou Flat RackChargement par le haut, ou charges longues et lourdes
Offshore / pétrole & gazOffshore DNVCadre certifié DNV 2.7-1 pour le levage en mer
Particulier / stockageDry occasionLe meilleur rapport qualité-prix pour un usage sédentaire
Faire le bon choix

Comment choisir la bonne famille

Le choix se fait presque toujours dans le même ordre, et rarement en partant du format. Trois questions suffisent à éliminer l'essentiel des options.

  • Y a-t-il une contrainte de température ? Si une consigne doit être tenue dans la durée, c'est un Reefer et son raccordement 380 V. S'il s'agit seulement d'amortir les variations sur un trajet court ou un stockage tempéré, l'isotherme suffit et évite le groupe.
  • Par où entre la marchandise ? Par la porte, c'est un Dry. Par le haut à la grue, un Open Top. Par le côté, de plain-pied, un Open Side. Si rien ne l'enferme, un Flat Rack ou une plateforme.
  • Quelle est la nature de la charge ? Dense et lourde, le 20 pieds prime. Volumineuse et légère, le 40 pieds ou le High Cube. Levée en mer, un offshore DNV, sans alternative.

Reste la vérification qui fait échouer le plus de projets : le volume utile réel et le passage de porte, à confronter aux cotes de ce qui doit entrer. Le guide des dimensions donne ces valeurs famille par famille. Les prix, eux, varient selon le format, l'état, la disponibilité en dépôt et l'aménagement éventuel : demandez un devis avec votre besoin, nous partons de la contrainte réelle plutôt que d'un catalogue.

FAQ

Questions fréquentes sur les types de conteneurs

Les distinctions les plus utiles pour choisir la bonne famille de conteneur.

Quelle est la différence entre un conteneur Dry et Standard ?

Aucune : « Dry » et « Standard » désignent le même conteneur, le modèle sec le plus courant (code ISO 22G1 en 20', 42G1 en 40'). Il sert au stockage sec et au transport de marchandises générales.

Quelle différence entre un Reefer et un conteneur isotherme ?

C'est une différence de nature, pas de degré : le Reefer régule, l'isotherme tempère. Le Reefer possède un groupe froid actif (−25 à +25 °C) et doit être alimenté en 380 V triphasé. L'isotherme n'a pas de groupe : ses parois isolées ralentissent seulement les échanges thermiques, sur une durée limitée. Si une consigne doit être tenue dans la durée, il faut un Reefer.

Comment lire le code ISO d'un conteneur ?

Le code de la norme ISO 6346 tient en quatre caractères. Dans 22G1 : le premier chiffre donne la longueur (2 = 20 pieds, 4 = 40 pieds), le deuxième la hauteur (2 = standard, 5 = High Cube), les deux derniers le type — G1 pour un usage général, R1 pour un frigorifique, U1 pour un open top, P1 pour une plateforme.

Qu'est-ce qu'un conteneur Open Top ?

Un Open Top a un toit en bâche tendue sur arceaux amovibles, permettant le chargement par le dessus à la grue. Il est conçu pour les marchandises hors gabarit en hauteur ou trop lourdes pour être poussées par la porte. Si la charge dépasse du plan du toit, le gerbage devient impossible.

Qu'est-ce qu'un conteneur Flat Rack ?

Un Flat Rack est un plancher porteur sans parois latérales ni toit, avec deux têtes d'about le plus souvent rabattables. Il accepte les charges hors gabarit — engins, bobines, cuves, transformateurs — qui peuvent déborder en largeur et en hauteur. L'arrimage n'y est pas un accessoire : c'est la condition du transport.

Pourquoi un conteneur offshore doit-il être certifié DNV ?

Parce qu'en mer, la grue et la charge bougent l'une par rapport à l'autre sous la houle : le levage est dynamique, avec des accélérations sans commune mesure avec un levage à quai. Le standard DNV 2.7-1 certifie une structure calculée pour ces efforts, avec élingues certifiées, traçabilité et inspections périodiques. Sans ce dossier, la boîte ne monte pas sur une plateforme.

Pourquoi un Open Side a-t-il une charge utile plus faible ?

Parce qu'ouvrir tout un flanc supprime une partie de la structure qui rigidifie la caisse : il faut la compenser, et cela se paie en capacité de charge. Un 20 pieds Open Side accepte 20 100 kg contre 28 250 kg pour un Dry équivalent. C'est le seul vrai arbitrage de cette famille, en échange d'un accès latéral de plain-pied.

Vous hésitez entre deux types de conteneurs ?

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